Extrait L'Objet d'Art

22 L’OBJET D’ART JUIN 2022 Guimet célèbre les femmes céramistes du Japon L orsqu’il se rendit au Pays du Soleil-Levant en 1876-1877, Émile Guimet s’intéressait déjà à la céramique de son époque. Depuis 2016, le musée qui porte son nom a fait de la céramique contemporaine féminine au Japon un axe fort de sa politique d’acquisition. Cinq ans plus tard, l’établissement a réussi à rassembler une intéressante collection, qui reflète le dynamisme de la création dans ce domaine. Cet incroyable vivier d’artistes contemporaines ferait presque oublier qu’avant 1946, les femmes japonaises n’avaient pas le droit de « toucher le feu ». Cette interdiction était liée à des croyances shinto : on considérait en effet que ces dernières n’étaient pas assez pures pour s’approcher du feu. La Seconde Guerre mondiale entraîne toutefois de profondesmutations dans le Japon traditionnel. Jusqu’alors réservée aux hommes, la pratique de la céramique se trouve dès lors profondément renouvelée par l’arrivée d’ar- tistes féminines sur le devant de la scène artistique. Faisant preuve d’une grande maestria technique, elles s’éloignent volontiers des formes tradition- nelles pour produire des œuvres bien souvent plus sculpturales qu’utilitaires, jouant sur les effets de textures et de couleurs. Camille Jolin « Toucher le feu. Femmes céramistes au Japon », jusqu’au 3 octobre 2022 aumusée national des arts asiatiques – Guimet, 6 place d’Iéna, 75116 Paris. Tél. 01 56 52 54 33. www.guimet.fr Catalogue, coédition MNAAG / RMN-GP, 48 p., 10 € . Un achat fondateur L’achat du vase Fougères d’Hitomi Hosono en 2016marque le point de départ de cette collection de céramique japonaise féminine contemporaine rassemblée par le musée Guimet. Née dans une région riche en ateliers de céramique, Hitomi Hosono a étudié son art au Japon puis à l’étranger. L’application du décor végétal qui couvre ce vase nécessite précision, patience et minutie. La blancheur du biscuit met en valeur la délicatesse des motifs et la prouesse technique que représente cet objet, et contraste élégamment avec l’intérieur lisse et doré à la feuille. Hitomi Hosono (née en 1978), Zenmai [ Fougères ] , 2016. Biscuit de porcelaine et feuilles d’or, 28,5 x 29,5 cm. Paris, musée Guimet. Photo service de presse. © RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris) / Michel Urtado PORTFOLIO

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