Extrait L'Objet d'Art
48 L’OBJET D’ART DÉCEMBRE 2020 Depuis la !n de l’Ancien Régime et avec l’arrivée des expositions industrielles qui marquèrent le XIX e siècle, les fabricants pouvaient déposer un brevet d’invention a!n de protéger leurs innovations face à la concurrence pour une durée de quinze ans (lois des 7 janvier et 25mai 1791). C’est ce que !t l’ébéniste Charles-Guillaume Diehl pour une délicate table à ouvrage inspirée d’une "eur. Éminemment originale, celle-ci est aujourd’hui perçue comme annonciatrice de l’Art nouveau. / Par François Reutin, Master 2, École pratique des Hautes Études UN BREVET D’INVENTION POUR UNE TABLE À OUVRAGE PAR DIEHL L ors de l’Exposition universelle de 1878 à Paris, l’ébéniste Charles-Guillaume Diehl (1811-1885) présenta parmi ses meubles une petite table à ouvrage 1 . Au vu du nombre d’exemplaires existant, celle-ci avait été produite en série. Trois sont aujourd’hui conservées dans les col- lections publiques françaises et internationales 2 , tan- dis que d’autres apparaissent quelquefois en ventes publiques 3 . Son brevet, inédit, avait été déposé pré- alablement par Diehl le 28 janvier 1878 4 . Lemonopole permettant d’exploiter son idée pendant quinze an- nées lui fut accordé par le ministère du Commerce et de l’Agriculture le 30 mars 1878. Marc Bascou évoqua pour la première fois ce brevet en 1988 5 . Né dans une famillemodeste d’ouvriers à Steinbach, alors Grand-duché de Hesse, Diehl arriva à Paris en 1837 6 . Son activité de fabricant de nécessaires commença vers 1849 7 . Ayant débuté avec une vingtaine d’ouvriers, il connut rapidement un certain essor du fait de ses participations aux Expositions industrielles nationales et universelles. L’Exposition universelle de 1867 assit définitivement sa renom- mée avec son mobilier qualifié de « mérovingien » et « gaulois », comprenant entre autres le fameux médaillier au Triomphe de Mérovée, aujourd’hui au musée d’Orsay. « Mon invention consiste donc à disposer l ’ensemble des petits meubles en ébénisterie ci-dessus décrits de façon à leur donner l ’aspect d’une ªeur, d’un fruit ou d’un animal, en utilisant les différents organes qui les composent pour en faire des attributs allégoriques, en me réservant d’employer toutes matières convenables pour produire l ’illusion la plus complète possible. » ARTS DÉCORATIFS
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