Extrait Archéologia

ARCHÉOLOGIA N° 601/ 65 mètres du rivage actuel. Sur plus de 80 cm d’épaisseur, de minces niveaux très stratifiés livrent les vestiges d’une importante activité humaine au sein de cette cavité. L’habitat s’avère être un véritable amas coquillier au cœur d’une grotte, constitué de centaines de milliers de coquilles issues d’un environ- nement lagunaire à mangrove, aujourd’hui disparu, et de l’estran du littoral rocheux. Dans ces eaux très poissonneuses, la pêche se concentrait sur de petites espèces péla- giques, les anchois et les sardines, auxquels s’adjoignaient les poissons-chats. Les raies Depuis une décennie, une mission française du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE, Inrap, ANR, CNRS et MNHN) au sultanat d’Oman explore l’évolution globale des rivages de la mer d’Arabie, des sociétés prédatrices à l’émer- gence des premières sociétés complexes. Gigantesque, le terrain s’étend de l’extré- mité orientale de l’Arabie, le Ra’s al-Hadd, jusqu’aux rives de la province méridionale du Dhofar et la frontière yéménite. Il couvre ainsi plus de 1 000 km de littoral et intègre deux ensembles insulaires, l’île de Masirah et l’archipel des Kuria Muria (Hallaniyat). Les premiers chasseurs maritimes d’Arabie Touché par la mousson indienne, le Dhofar constitua dès la Préhistoire une zone de refuge lors des phases climatiques les plus arides. Il abrite aujourd’hui un très grand nombre de sites paléolithiques. Pourtant, l’émergence des premières sociétés mari- times reste, en Arabie, une thématique inexplorée par l’archéologie . Or, pour la première fois, des communautés du Paléolithique final (IX e -VIII e millénaires avant notre ère) viennent d’être identifiées dans une petite cavité du Dhofar. Nichée à la base d’une falaise de plus de 300 m de haut, la grotte de Natif 2 n’est qu’à quelques Le sultanat d’Oman regorge de sites archéologiques. Des fouilles récentes permettent de mieux comprendre les sociétés qui ont fréquenté ses côtes depuis le Paléolithique. Peu explorée jusqu’à présent, la côte arabe de l’océan Indien livre en particulier d’importantes données sur l’évo- lution des communautés mari- times qui s’y développèrent au cours de la Préhistoire, soit entre 10 000 et 2 000 avant notre ère. Par Vincent Charpentier , Inrap UMR 704

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