Extrait Archéologia

ARCHÉOLOGIA N° 562 / 29 Buste de l’empereur Claude (10-54 après J.-C.). Marbre, I er siècle. Provenant d’Izmit (Nicomédie), Turquie, Istanbul Arkeoloji Muzerleri (musée archéologique) © DeAgostini/Leemage renaissance carolingienne, principalement sur le plan religieux. Au tournant de l’an Mil, sont édifiés le château de Pierre Scize, le rempart qui entoure le quartier canonial de Saint-Jean et le premier pont de pierre, sur la Saône, au niveau de la place du Change (achevé dans les années 1070). Plusieurs églises sont rénovées ou reconstruites comme celle de Saint-Just ou la cathédrale Saint-Jean. L’archevêque de Lyon, élevé au rang de Primat des Gaules par le pape Grégoire VII en 1078, est maître de la ville jusqu’au début du XIV e siècle, moment où la cité intègre définitivement le royaume de France. Jusqu’à la fin du Moyen Âge, les transformations urbaines restent modestes. Deux nouveaux ponts voient le jour sur le Rhône, l’un en bois à la fin du XII e siècle, l’autre, construit en pierre, projet colossal achevé à la fin du XIV e siècle. L’ÂGE D’OR DE LA RENAISSANCE Au XVI e siècle, la ville connaît un nouvel âge d’or et devient la capitale économique de la France, grâce à ses quatre foires annuelles. Les plus grandes banques de l’époque s’y installent (dont les Médicis et les Gadagne). L’industrie de la soie s’y développe. La population augmente et la ville se densifie, mais ne sort pas de ses remparts, préférant construire en hauteur. C’est à cette époque que naissent les « traboules », qui caracté- risent toujours le Vieux-Lyon, des passages à travers les cours d’immeubles, nécessi- tant moins de place que la construction de ruelles transversales. La ville devient aussi un important foyer humaniste et artistique, grâce à ses imprimeries et au passage de nombreux artistes entre la France et l’Italie. Deux poètes célèbres de la Renaissance y voient le jour, Maurice Scève et Louise Labbé. Si guerres de religion mettent tem- porairement fin à cette prospérité dès la fin du XVI e siècle, Lyon reste au cours des siècles suivants une cité industrieuse et bourgeoise, aux richesses cachées derrière des façades lépreuses et des fenêtres ten- dues de papiers huilés par mesure d’éco- nomie, raconte le voyageur anglais Arthur Young au XVIII e siècle ! LA CAPITALE DE LA SOIE À l’époque moderne, Lyon s’embellit et s’agrandit : l’hôtel de ville est construit au XVII e siècle et la cité, à l’étroit dans ses limites historiques (la Presqu’île, les pentes de Four- vière et de la Croix-Rousse), connaît au XVIII e siècle, avec l’ingénieur Morand, des projets d’élargissement vers le quartier de Perrache et sur la rive gauche du Rhône. Malgré son saccage pendant la période révolutionnaire par les Jacobins et la destruction de nom- breux monuments, la ville reste le bastion de l’industrie de la soie, à laquelle Napoléon apporte un soutien sans faille. Le perfection- nement et la mécanisation des métiers à tis- ser – avec en particulier l’invention du métier Jacquard – lui permettent d’entrer dans la révolution industrielle du XIX e siècle. Elle est reliée à Saint-Étienne par l’une des pre- mières voies ferrées au monde. La mécanisa- tion entraîne de nombreuses luttes sociales avec des crises insurrectionnelles, comme la révolte des canuts en 1831. Des grands travaux urbains sont menés pour moderniser la ville (gare, percées, places et parc) et, après celles de la montgolfière et du bateau à vapeur à la fin du XVIII e siècle, deux inventions majeures y sont créées : le bateau-mouche en 1862 et le cinématographe en 1895. La Belle Époque marque la fin de la domi- nation de la soierie lyonnaise et l’essor de nombreuses autres industries (automobiles, chimie, électricité) présentes tout au long du XX e siècle.

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