Extrait Art de l'Enluminure
Charles de Bourbon, grand prélat d’État Fils de Charles I er , duc de Bourbon (1401-1456, duc à partir de 1434), et d’Agnès de Bourgogne (1407-1476, duchesse en 1425), elle-même fille du duc de Bourgogne Jean sans Peur,Charles II de Bourbon était le frère cadet de Jean II (1426-1488), duc de Bourbon à partir de 1456, et le frère aîné de Pierre II (1438-1503), à son tour duc à partir de 1488 3 . Il naquit à Moulins en 1434. Sa place de cadet le destina logiquement à la carrière ecclésiastique. Charles fut d’abord envoyé au chapitre cathédral de Lyon, dont relevait le Bourbonnais.Après la mort de l’archevêque Amédée de Talaru survenue en 1444, les chanoines de la capitale des Gaules avaient dirigé leurs votes vers leurs puissants voisins, les ducs de Bourbon, pour l’élection de son remplaçant. L’oncle de Charles, Jean de Bourbon, fils naturel de Jean I er , abbé commendataire de l’abbaye de Cluny, avait d’abord été élu archevêque par le chapitre en 1444.Mais, déjà tout juste élu évêque du Puy en 1443, il se désista au profit de son neveu Charles, âgé d’à peine dix ans mais fils du duc en fonction, qui devint dès lors chanoine et archevêque dans le même temps, non sans contestation. Se méfiant du pouvoir des Bourbons depuis la révolte de la Praguerie de 1440, le roi Charles VII s’opposa à cette élection avec l’appui du pape Eugène IV ; tous deux choisirent Geoffroi deVassalieu contre l’avis des chanoines, qui persistèrent néanmoins dans leur idée initiale, sans doute appuyée par la maison de Bourbon. Charles dut finalement attendre la mort de Geoffroi de Vassalieu en 1446 pour que son élection fût validée par le pape. La carrière ecclésiastique du jeune garçon était alors lancée. Charles ne s’investit à Lyon que bien des années plus tard, après son entrée dans la cité rhodanienne le 21 septembre 1466.Au cours de la décennie 1470, il se lia aux plus hautes sphères du pouvoir. Il mena une carrière de prélat d’État et de grand courtisan ; le chroniqueur Philippe de Commynes écrivit d’ailleurs qu’il n’était pas né pour les paisibles fonctions de prêtre, mais qu’il avait le goût du tumulte des armes. Le roi Louis XI, qu’il avait côtoyé en Dauphiné, l’appela très souvent à son conseil et accorda toutes ses attentions à son « bon compaignon 4 ». Confident du souverain, il fut même choisi comme parrain de son fils, le futur CharlesVIII. La protection royale le mena au sommet des honneurs de l’Église : en 1472, le pape Sixte IV fit de lui son légat à Avignon, et le roi intervint en sa faveur lorsque cette légation lui fut enlevée.Nommé cardinal au titre de Saint-Martin-des-Monts le 18 décembre 1476, il fut élu, la même année, évêque de Clermont. À la mort de son frère aîné Jean II, en avril 1488, il devint duc de Bourbon et d’Auvergne mais renonça aussitôt et rendit son dernier souffle quelques mois plus tard, le 13 septembre 1488. La chapelle des Bourbons qu’il avait fait ériger en sa cathédrale de Lyon accueillit sa sépulture. 6 Art de l’enluminure Un manuscrit digne des pierres les plus somptueuses Mathieu Deldicque, conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée Condé, château de Chantilly Jean Hey, Portrait du cardinal Charles de Bourbon , huile sur bois, vers 1482, Munich, Alte Pinakothek, inv. WAF 648. © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais/image BStGS.
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